Je ne vais pas vous faire un tuto « comment publier un livre en autoédition », ou vous livrer des trucs et astuces pour réussir. Déjà, je ne suis pas sûre d’avoir « réussi » et surtout, d’autres sites ou blogs le font certainement très bien.
Je voulais simplement revenir sur ce parcours d’auteure autoéditée et sur ce que cela implique.
Quand j’ai écrit mon tout premier livre, je n’étais pas majeure, je n’y connaissais rien au monde de l’édition, et mon entourage non plus. Après divers envois de manuscrits, j’ai eu l’incroyable surprise d’être acceptée par une maison d’édition. Le contrat « à compte d’auteur » s’est avéré, pour moi, une forme d’arnaque (d’autres auteurs semblaient satisfaits). J’ai pourtant signé pour un premier, puis pour un deuxième roman (la sensation de se faire avoir une fois n’était pas suffisante, apparemment). Le livre suivant changeait d’univers, de registre, de personnages, j’en ai donc profité pour couper court. J’ai décidé de ne pas réitérer en me disant : « pourquoi leur verser encore de l’argent puisqu’au final ils ne font pas grand-chose ? Autant que je me débrouille toute seule ».
C’est ainsi que « Dans les coulisses de la compétition » a été mon premier roman autoédité. Il m’a fait passer « dans les coulisses de l’autoédition ».

Qu’est-ce que cela implique ? Effectivement, tout faire. Ou réussir à trouver les personnes qui savent faire.
Écrire et relire, c’était bon (à peu près). Ma Première Censure était en place, présente depuis le début, depuis mes premières pages, pour apporter un regard critique et constructif. Même si le texte était encore largement perfectible, disons que l’on parvenait à une version pas trop mal.
Le premier point de blocage, ça a été la couverture. Le premier élément qu’un lecteur va voir, qui va lui donner une première impression ! Je ne savais absolument pas faire. Une connaissance qui faisait régulièrement des visuels a réalisé celle du premier tome. Un collègue de ma mère qui s’y intéressait a proposé celle du deuxième. Pour « La route hors du monde », c’est une autre auteure, rencontrée lors d’un salon, qui a imaginé les trois couvertures de la trilogie, donnant au visuel un bel ensemble et une continuité entre les tomes, pareille à celle de l’histoire.
De mon côté, je découvrais les fonctionnalités de Word, celles qui vont un peu plus loin que les lettres, les caractères spéciaux et quelques raccourcis clavier : je me suis mise à la mise en page. J’y ai consacré beaucoup de temps pour un résultat convenable mais pas incroyable. Aujourd’hui, c’est une graphiste qui fait la mise en page de « Terre d’un jour », et je vois bien la différence. C’est plus qualitatif, plus joli, plus fluide. Et surtout, je n’ai plus besoin de le faire !
Découverte suivante : le n° ISBN, unique à chaque livre, qu’il a fallu demander (ce n’était pas très compliqué, mais il fallait quand même s’en occuper) puis le dépôt auprès de la BNF (bibliothèque nationale de France) (idem, pas compliqué, mais c’est un truc en plus à faire).
Ça y est, le livre est là ! On l’a reçu, on le voit en vrai, on le feuillette, on en donne quelques exemplaires aux gens qui ont apporté leur soutien, on en vend quelques autres exemplaires à la famille, aux amis… Et si on s’arrête là, on ne va pas bien loin. Vient alors l’énorme phase de diffusion. Avec toute l’importance à accorder à la communication.
Nous avons tenté la carte de la proximité. Avec ma mère, nous avons démarché quelques librairies et maisons de la presse. Nous leur proposions de garder quelques exemplaires pour les vendre en prenant une marge. Quelques-unes ont accepté, mais elles furent rares : l’autoédition ce n’est pas toujours bien vu. Dans l’imaginaire de bien des professionnels du livre et de bien des lecteurs, cela veut dire qu’aucune maison d’édition n’a voulu de ce livre. Qu’il est mauvais. Qu’il ne va pas se vendre.
Sur le volet médias, il y a eu un petit article de-ci de-là dans un ou deux journaux locaux, une brève interview à la radio, une fois. Ces semblants de coups de projecteurs étaient toujours encourageants, comme s’ils allaient permettre quelques ventes supplémentaires. Mais, faute d’une réelle présence médiatique et sur les réseaux, ils se sont plutôt avérés être des coups d’épées dans l’eau.
J’ai tenté les salons aussi, et deux ou trois séances de dédicaces, mais globalement les résultats ont été très médiocres (merci à mon incapacité à établir un dialogue avec les gens à propos de mes livres), dont je vous parle plus en détail ici.

Pendant quelques temps, j’ai eu recours aux services d’une amie chargée de communication. Malgré le très faible nombre d’heures qu’elle faisait (je n’avais pas de quoi la rémunérer plus qu’une heure/semaine), le résultat en visibilité a tout de suite été au rendez-vous : « La route hors du monde » a fait l’objet de plusieurs chroniques ; les possibilités de participer à des salons ont augmenté ; j’avais un dossier de présentation de mes ouvrages, une chaîne Youtube ; nous avions fait connaissance d’autres auteurs et autrices indépendantes qui s’étaient regroupées pour se soutenir…
Malheureusement, à cette période, j’étais prise par d’autres projets, en-dehors du monde littéraire, et je n’ai pas su saisir pleinement toutes ces opportunités. Mauvais timing. Mon amie, elle, a eu une opportunité professionnelle qu’elle a eu raison de saisir, et nous avons cessé notre collaboration pro.
Je vais persister. Le démarchage, les médias, les salons. Mais de manière plus ciblée, pour ne pas m’épuiser pour rien. Je vais tester d’autres choses aussi, si l’occasion se présente. Et surtout, je vais continuer de m’entourer, petit à petit, de gens qui savent faire, dont c’est le métier. Comme cela a été le cas avec Maud qui avait pris la main sur la communication. Comme c’est le cas pour la réalisation de la couverture et la mise en page avec Chandra. Comme c’est le cas également pour la création de ce site internet avec Digital Com’ & Content.



